Bienvenue à tous!!

Salut à toi qui te retrouves sur mon blog, que ce soit par hasard, volontairement ou sous la contrainte. C'est un blog particulier, celui d'un jeune vétérinaire bien sous tous rapports qui parle pas mal de son métier et surtout d'ophtalmo, neuro, imagerie et médecine interne. Tu y trouveras divers infos sur les maladies animales à partir de cas cliniques, de photos ou de quizz, ainsi qu'une large partie sur la vie et les activités à La Réunion où j'ai travaillé. Des vétérinaires s'y retrouvent pour échanger des idées, des infos, commenter les articles entre professionnels. Pour l'instant visitable sans mot de passe, faites en sorte de respecter les règles pour que ce site continue d'être accessible à tous.  Bonne visite et n'hésite pas à poster un commentaire, ça fait toujours plaisir!!

Attention néanmoins: ce site n'est pas un forum ou une foire aux questions destinée aux propriétaires cherchant des informations précises sur le cas de leur animal. La médecine vétérinaire se pratiquant avec un patient en face de soi et avec ses petites mimines, TOUTE DEMANDE DE CONSULTATION A DISTANCE OU D'AVIS SUR UN CAS PARTICULIER SERA IGNOREE ET EFFACEE, pour des raisons de bon sens et de déontologie. Faites appel à votre vétérinaire traitant pour toute question.
Mercredi 24 mars 2010 3 24 /03 /Mars /2010 19:10
2 radios, 2 chiens de race différente, diagnostic identique. Pour les 2: difficultés respiratoires; chronique pour l'un (en haut), suraiguë pour l'autre.
Il s'agit d'une fibrose pulmonaire interstitielle, stade de remaniement pulmonaire ultime et irréversible pouvant faire suite à toute maladie ou affection pulmonaire, ou bien être idiopathique, comme c'est parfois décrit chez le Westie.
Le traitement est uniquement palliatif, l'issue étant fatale parfois en quelques jours seulement.

 

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Par Anthony - Publié dans : Imagerie médicale
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Mercredi 10 mars 2010 3 10 /03 /Mars /2010 17:33
Un jeune Bouledogue m'est amené pour un 2ème avis suite à un ulcère cornéen datant de 10-12 jours et pour lequel un vétérinaire a déjà mis en place un traitement. Il semblerait que l'aspect de l'oeil change, ce qui inquiète la propriétaire.
A l'examen, l'ulcère est central, important en taille mais intéresse uniquement le stroma supérieur. Il semble être à bords décollés, la fluorescéine s'étend au delà des marges apparentes de l'ulcère. De plus, on observe un oedème cornéen généralisé et on devine un hypopion.
Un traitement médical complet est maintenu jusqu'à ce qu'on réalise une kératotomie grillagée afin de gérer cet ulcère à bords décollés, 2 jours plus tard.
Le lendemain, appel de la propriétaire qui trouve que l'oeil n'a plus le même aspect. On revoit le chien en consultation et là...c'est le drame!

On observe un oedème généralisé, une zone centrale blanchâtre donnant un aspect glaireux en goutte d'eau à la cornée ainsi qu'une opacification plus pigmentée dans ce magma informe. Il s'agit d'une kératomalacie, correspondant à une lyse de la cornée par des enzymes protéolytiques (= attaquant les protéines). Cette fragilisation de la cornée a entraîné une perforation cornéenne, un effondrement de la chambre antérieure et une sortie de l'iris par la brèche cornéenne (= iridocoèle). En 24h l'état de l'oeil est donc devenu catastrophique à cause de cet ulcère à bords décollés, à collagénases en prime! 
L'évolution rapide est une des composantes de ce type d'ulcère avec l'aspect glaireux, l'oedème généralisé et la néovascularisation importante.

Traitement médical:
Le traitement fait appel à une antibiothérapie essentiellement contre Pseudomonas sp, principal germe à collagénases. La tobramycine, la gentamycine, l'association polymyxine/néomycine ou les fluoroquinolones sont connues pour être actives contre Pseudomonas avec peu de résistances. Une antibiothérapie par voie générale est également associée en cas de perforation cornéenne. Une injection sous-conjonctivale de gentamycine complète le traitement antibiotique.
Des substances anticollagénases sont utilisées, comme l'EDTA, le N. Acétyl Cystéïne, le sérum autologue.
L'atropine est utilisée pour lutter contre la douleur et tenter de rompre les éventuelles synéchies formées à la suite de l'inflammation intra-oculaire.
L'acide hyaluronique instillé localement active la cicatrisation épithéliale.
Enfin, un anti-inflammatoire local complète le traitement. Celui-ci doit être non stéroïdien pour ne pas influer négativement sur la cicatrisation cornéenne et aggraver l'ulcère.

Traitement chirurgical:
Il consiste ici à effectuer un débridement des tissus mortifiés sous microscope opératoire, à "éplucher" la cornée de l'épithélium qui est décollé, à réséquer la partie d'iris qui est extériorisée, à réintégrer le reste...et à refermer le trou avec une greffe de vet biosis et un lambeau conjonctival pédiculé pour assurer l'étanchéité. Le tout bien entendu en priant très fort vu l'étendue des dégâts...
Dans ce cas, j'ai tenté le tout pour le tout, avec un gros point d'interrogation sur le résultat et la possibilité que l'oeil soit perdu quoi qu'il arrive.
A suivre...


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Par Anthony - Publié dans : Quizz ophtalmo
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Mercredi 3 mars 2010 3 03 /03 /Mars /2010 18:20

Un souffle cardiaque identique est ausculté chez 2 chiots de 3 mois, de race et portée différentes, amenés à 1 mois dintervalle. Voici les radios horaciques de face de chacun. Le souffle est systolo-diastolique, d'intensité très forte, très crânial, audible en arrière de l'épaule à G et l'on perçoit un thrill fortement marqué.

Cette auscultation est quasi-pathognomonique d'une persistance du canal artériel: communication entre l'aorte descendante et le tronc pulmonaire = communication entre 2 artères: 1 à forte pression menant le sang dans la circulation général, et 1 à plus basse pression menant le sang jusqu'aux poumons. Ce vaisseau sanguin existant durant la vie foetale régresse normalement dans les 3-4 jours de la vie jusqu'à s'oblitérer totalement. Dans certains cas, il persiste et le sang peut s'échanger entre les 2 artères. Ce qui évidemment crée de gros problèmes, le système circulatoire n'appréciant que moyennement les mélanges...
Il s'agit d'une anomalie cardiaque congénitale fréquente parait-il (mais dans ma pratique plutôt très rare) et surtout très grave.
Il s'ensuit une insuffisance cardiaque gauche puis globale, débutant par une dilatation de l'oreillette gauche puis du ventricule gauche et avec des modifications de contractilité cardiaque à terme. L'affection peut être rapidement évolutive et mène généralement à la mort en moins de 1 an si des signes d'insuffisance sont déjà présents. L'espérance de vie n'excède généralement pas 2 ans sans le traitement adéquat.
Celui-ci est CHIRURGICAL: c'est la seule affection cardiaque pouvant être opérée chez le chien et le chat: il faut aller ligaturer en plusieurs points le canal persistant. Facile à dire bien évidemment...c'est plutôt très minutieux et risqué de part ce qu'on va ligaturer: un vaisseau fin à proximité d'un coeur en mouvement et à côté de gros nerfs...mais dans la grande majorité des cas ça se passe bien.
En fonction du stade où est opéré l'animal, il peut retrouver un coeur et une vie tout à fait normale en moins de 12 à 18 mois, le souffle n'étant déjà plus audible rapidement après l'intervention.  D'où la nécessité d'opérer le plus rapidement possible après avoir stabilisé le patient avec des médicaments, avant que des lésions graves et irréversibles ne s'installent et que la chirurgie devienne trop risquée pour un bénéfice moindre. A noter que le traitement médical ne sert dans ce cas qu'à stabiliser l'animal avant intervention. Au cas où la chirurgie ne serait pas effectuée, celui-ci doit être considéré comme un traitement palliatif.
Le stade clinique est évalué par échocardiographie. On peut parfois observer le canal mais c'est loin d'être évident si kiki bouge trop par exemple...et comme à 3-4 mois on a qu'une envie, c'est de sauter de la table d'examen...
Des radiographies sont effectiuées pour vérifier l'existance de signes d'insuffisance cardiaque comme un oedème pulmonaire. Une triade caractéristique peut être observée sur des clichés de face, comme sur la vue du 1er chien: une dilatation de l'aorte, du tronc pulmonaire et de l'oreillette gauche. Cette image, associée à l'auscultation du souffle caractéristique, est pathognomonique et permet de poser le diagnostic.
Chez le 1er chien, on observe une cardiomégalie G majeure et chez le 2ème, c'est surtout aorte et tronc pulmonaire qui sont dilatés. Seule le 2ème a pourtant été présenté en insuffisance cardiaque avec oedème pulmonaire alors que le 1er venait pour une consultation sans rapport avec son coeur. Ils ont le même problème mais présentent des stades différents. Le 1er est en stade 4 sur 5, avec une baisse de contractilité ventriculaire alors que le 2ème est au stade 2 sur 5, sans corrélation avec leur présentation clinique. Ils ont donc un pronostic de récupération fonctionnelle après intervention qui est différent. On peut opérer jusqu'au stade 4, les animaux en stade 5 (amaincissement pariétal + tous les signes des autres stades) ont un trop gros risque anesthésique pour un bénéfice pas forcément probant.
Comme quoi il n'y a qu'une seule règle: il faut opérer rapidement avant que ça n'évolue trop!

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Par Anthony - Publié dans : Cardio
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Mercredi 3 mars 2010 3 03 /03 /Mars /2010 17:47
J'avais déjà évoqué les lambeaux conjonctivaux pédiculés pour réparer les ulcères cornéens.
L'achat d'un microscope opératoire de qualité et la constatation de pigmentation cornéenne à la suite de l'emploi de cette technique (quoi donnant de très bons résultats sur la cicatrisation par ailleurs) m'a conduit à essayer la greffe de sous muqueuse intestinale de porc (vet bio sis). Eh oui, ce biomatériau a la propriété de parfaitement s'intégrer à la cornée et de se faire coloniser par des cellules épithéliales, en plus de contenir des facteurs anticollagénase et des facteurs de croissance épithéliale. Il est donc idéal pour ce qui est de la plupart des ulcères cornéens nécessitant une intervention chirurgicale. Où est le hic alors? Eh bien son prix, très élevé à l'achat. N'oublions pas le fil de suture microchirurgical à utiliser, lui aussi très cher voire hors de prix comparé aux fils de suture de la peau ou des viscères par exemple! Sans compter bien sûr celui de l'anesthésie, de l'entretien de la salle de chirurgie, les consommables, l'utilisation des instruments de microchirurgie, du microscope opératoire, le salaire de l'ASV et l'acte du véto ophtalmologiste...bref, ça fait une chirurgie pas donnée mais qui donne d'excellents résultats lorsqu'elle est bien menée et couplée au traitement médical adéquat.
Voici l'oeil d'un chien opéré d'un ulcère stromal profond par cette technique, on va voir ce que ça donne au final.
A noter aussi que c'est mon 1er...va falloir améliorer la technique au fur et à mesure!
Au contrôle à J19, les pastilles sont parfaitement intégrées à la cornée, l'ulcère est comblé et la néovascularisation périphérique est maintenant minime. Une pommade anti-inflammatoire est ajoutée au traitement local afin de luter contre le granulome en formation. En dessous de résultat à J43, nette différence...et ça ne va qu'en s'améliorant...

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Par Anthony - Publié dans : Ophtalmo
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Dimanche 21 février 2010 7 21 /02 /Fév /2010 12:57
Un chaton persan mâle de 2 mois est amené pour dysurie et hématurie ainsi que retard de croissance. Les examens mettent en évidence un calcul urinaire de 6 mm. Une cystotomie est effectuée et le calcul retiré. L'analyse révèle qu'il s'agit d'un calcul de struvite = phosphate-ammoniaco-magnésium. La présence de ce type de calcul chez un animal de cet âge incite ++++ à rechercher un trouble hépatique à l'origine d'une hyperammoniémie.

Urée 0.565  créat 8.7  chol 1.55  PAL 135  ALT 35  TP 65  Alb 31  Glu 1.04 
NH3 100
Acides biliaires pré: 0  post: 3
IGF1: 73
Echographie abdominale: RAS
Biopsie hépatique: dégénérescence spumeuse hépatocytaire, centro-lobulaire, d'intensité modérée

Origine: trouble circulatoire et ischémie cellulaire consécutive à la réanimation après extraction par césarienne. Il s'en est suivi une insuffisance hépatique avec hyperammoniémie, cristallurie et formation d'un calcul organisé...
La lésion est réversible dans ce cas et le chaton a récupéré son retard de croissance.
Une alimentation adaptée aux calculs a été laissée en place jusqu'à la fin de la croissance.
Par Anthony - Publié dans : médecine interne
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Mardi 16 février 2010 2 16 /02 /Fév /2010 08:13
atrophie-irienne-2.JPGatrophie-irienne-1.JPG
Par Anthony - Publié dans : Ophtalmo
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Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /Fév /2010 23:43
Un chien Fox Terrier mâle non castré de 8 ans m'est amené en consultation pour abattement et amaigrissement depuis 3 semaines. Il présente une anorexie depuis la veille. L'examen est normal mis à part l'abattement et la maigreur + un souffle systolique apexien G de grade 4/6 nouvellement ausculté. T°: 38.5°C.
La biochimie complète est normale. La NFS révèle une leucocytose neutrophilique marquée (29000 GB dont 25000 PNN), une anémie modérée et un taux de plaquettes à 170000. Le frottis sanguin confirme la formule, la morphologie des cellules est normale, sans parasite notable.
Voici quelques images de l'échocardiographie: On observe une dilatation atriale gauche associée à un épaississement tissulaire attaché au feuillet antérieur mitral, qui semble se balader au gré des mouvements de la valve. Cet épaississement est hyperéchogène et pédiculé. Un épaississement des cuspides est également associé. Le doppler transmitral révèle à la fois une insuffisance marquée et une sténose mitrale.
Le diagnostic est une endocardite centrée sur la valve mitrale, avec insuffisance et sténose consécutives.
L'épaississement est semblable à du pus organisé, constitué de protéines inflammatoires et d'amas de bactéries...provoqué par une septicémie bactérienne dont l'origine peut être variable (dents, appareil reproducteur, peau, appareil urinaire...). Le risque de cette maladie est l'embolisation de fragments issus de l'agglomérat dans les artères, pouvant provoquer une embolie pulmonaire, rénale, digestive...et bien sûr l'insuffisance cardiaque concommitante. Le traitement doit soutenir la fonction cardiaque, être anti-aggrégant plaquettaire pour limiter les risques d'embolie, et consiste en l'administration d'antibiotiques de manière très prolongée. Ces antibiotiques servent à stériliser l'aggrégat et à limiter la septicémie, mais ne peuvent pas résorber cette accumulation sur les valves, ce qui laisse plâner un gros risque d'embolie malgré tout. Le système immunitaire est largement sollicité pour favoriser la fibrinolyse. Le pronostic est très réservé.

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Par Anthony - Publié dans : Cardio
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Mardi 2 février 2010 2 02 /02 /Fév /2010 23:30
On observe une fuite de produit de contraste dans l'espace intervertébral entre T12 et T13. Le trajet de la moelle épinière fait un "virage" vers le bas et se dirige vers cet espace intervertébral.
Conclusion: rupture méningée avec hernie médullaire en dehors du canal et fuite de liquide cérébro-spinal

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Par Anthony - Publié dans : Imagerie médicale
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Dimanche 31 janvier 2010 7 31 /01 /Jan /2010 16:07
Les ophtalmo imageurs apprécieront...les autres aussi peut être...
Epagneul Breton de 7 ans avec glaucome aigü et hyphéma. Voici l'écho oculaire: on y voit une luxation postérieure de cristallin, par ailleurs cataracté (notez les jolies lignes de sutures) et un décollement de rétine. On peut imaginer plusieurs étiologies pour le glaucome en voyant une telle image.

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Par Anthony - Publié dans : Ophtalmo
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Dimanche 31 janvier 2010 7 31 /01 /Jan /2010 16:00
2 nouvelles piroplasmoses avérées cette semaine, avec frottis gavé de monocytes ultra-majoritaires, certains avec des inclusions d'ehrlichiae (à ne pas confondre avec une phagocytose des GR morts des suite de la piro)...est-ce de la poisse, une résurgence d'ehrlichiose, une fragilisation des chiens à la suite de la piro, un gros coup de bol d'observer l'ehrlichiose avant qu'elle ne devienne chronique et que ça soit un gros b....l à dépister...? En tous cas on va systématiser la recherche lors de piro parce que ça semble loin d'être rare par chez nous quand même! A noter que tous les chiens dépistés avec piro et ehrlichiose concomitantes ont moins d'1 an.

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Par Anthony - Publié dans : médecine interne
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